J'avance, avec de l'ombre sur les épaules. ( André Du Bouchet)

mercredi 29 mars 2017

dans le poème de tout mon long



dans le silence d'écrire
 
des ombres grimpent

sur la face ridée de mon rêve



sur le papier, une ligne 
 
à même le souffle

soulignée de lumière 


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samedi 25 mars 2017

La Ville dont la cape est rouge


Pendant longtemps, Özgür avait cherché un écrivain apte à échanger le monde réel, mais aussi irrationnel, dans lequel elle vivait, contre un monde plus fictif mais en même temps plus proche de la réalité. 
Finalement, elle comprit que la seule personne capable de donner un sens au vide qui l'entourait, c'était elle. Personne d'autre ne pouvait à sa place déchiffrer les énigmes de la vie, ouvrir ses cadenas. Elle avait commencé à écrire le jour où elle avait déterminé sa position de défense contre la violence aveugle de la ville. Elle n'écrivait ni pour elle, ni pour les autres; seulement parce qu'elle y était contrainte. Telle une plaie que l'on gratte, elle arrachait au fur et à mesure la croûte du phénomène Rio et le sang noir craché par un malade atteint d'hémorragie dégoulinait sur ses phrases.

Asli Erdoğan " La Ville dont la cape est rouge" traduit du turc par Esin Soysal-Dauvergne
( Actes Sud) 

 

mercredi 22 mars 2017

calme




                                    cortex d'ombres
                                    qui rampent comme
                                    après pleurer

                                    l'air  filtre
                                    la houle d'écume 
                                    bleue de  mémoire

                                    les yeux murmurent
                                    maillage de ricochets
                                    lèvres de miroir
 


 Les oeuvres photographiées sont de Jaume Plensa . Elles sont jusqu'au 17 septembre 2017 au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne.


dimanche 19 mars 2017

au devant de soi

la fenêtre ouverte sur la nuit 
 
jouer à se perdre

dans les rouages de la pensée 
 
vider les greniers

de la rue du songe

marcher entre des colonnes de ciel 
 
la tête en feu 


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jeudi 16 mars 2017

Entre l'eau et la feuille

      Que le mot soit dit
ou
figuré

nommé
sur la page inaccomplie

le mot       comme une absence
où je suis
avec personne,

une main s'en détache
au petit jour
avec la charette

trouée de noms. 

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Si le mot n'est pas     écriture
il n'est pas 
parlant 

mais réflexe.

Dans cette mâchoire
le mot ne doit pas tomber

sinon,
se réincarner.

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     Arbres ou mots 
tendus 

vers cela     oblique
ou
désaxé 

une parole
qui tiendrait lieu
de table

avec son banc.

Thierry Metz " Entre l'eau et la feuille" ( Editions Jacques Brémond 2015)

mardi 14 mars 2017

hors d'atteinte


Au fourmillement des branches qui tentent d'épouser le bleu, il faudrait pouvoir répondre par un buvard teinté des signes du matin , une fois affûtés les doigts rouillés et pauvres. Les yeux clos sur sa cartographie intérieure, suivre la dérive des mots en pays d'aube, délier les langues des lisières pour qu'ici commence  un ailleurs, même dérisoire. Avancer lentement au travers du rien que l'on sait, écouter le ressac des mots qui irisent les doigts, deviner le ciel et le bout de sa peine dans l'énigme des heures. Aller à rebours du temps pour habiller le souffle .

dimanche 12 mars 2017

Entre chair et terre




Ce que nos bouches murmurent 
dans l'obscur

ce que nos yeux entrevoient
dans la lumière

dites-le nous hiéroglyphes
du songe

traduisez
notre effroi
notre espoir

sur la pierre l'écorce le sable
faites croître
une fleur de sens 

Françoise Ascal " Entre chair et terre"
peintures de Jean-Claude Terrier
collection l'Orpiment Editions Le Réalgar 2017

jeudi 9 mars 2017

loin du brouhaha des hommes



Il faut sauver ce jour

se tenir debout

dans l'embrasure du rien

                                             épi d’orage

une manne secouée

au bord du crépuscule


samedi 4 mars 2017

brouillon




à chaque pas
accorder les  lumières
au souffle qui dénude

les yeux ébouriffés
lentement recomposer
l'alléluia de l'instant

la langue crisse ainsi
sur l'écran du matin
incertain     un poème

mercredi 1 mars 2017

Vrouz


Aussi je est un hôte d’on ne sait qui ni quoi 
Mystère en bout de course comme à la balançoire 
La vie assujettit drôlement ses invités 
Alors je vante le vent par ma lucarne ouverte 
Et je ne confonds pas auspices avec hospices
Rouzeau avec réseau dentiste avec temps triste
Pater avec par terre pleure avec meurs meurs meurs Tu pisseras moins moins moins 
Mon poème ne compte pas davantage 
Que la conversation bruyante de mon prochain  M’empêchant de poursuivre par ici sauf 
A fermer ma lucarne ou la repeindre en bleu
Appeler ma prochaine 
Ou m’écrier au feu

Valérie Rouzeau "Vrouz" ( Editions La Table ronde 2012 )

lundi 27 février 2017

à même la faille

couché dans le bleu

être celui qui reste 
 
                                   dans une rêverie de sable et de vent

                  dérive des rêves

                  au creux du silence


   poudre d'aube


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jeudi 16 février 2017

brumes des miroirs

liés et déliés

les trous de mon ombre 

 
essayer de
 
nouer l’oubli égaré 
 
dans les lointains de l'être


précaire amas de lumière



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lundi 13 février 2017

jeudi 9 février 2017

La poésie, comment dire

Errance, avec la poésie, à travers tout le langage: comme on cherche de l'ombre quand le jour est trop aveuglant, ou des lueurs, à tâtons, quand la nuit s'épaissit. Conquête et perte du langage. Conquêtes et pertes dans le langage. C'est vivre et mourir, écrire et se taire, dans l'arbitraire insondable, la passion qui n'est pas mesurable, des risques pris souvent dérisoires, et quel espoir ?

James Sacré "La poésie, comment dire?" ( André Dimanche éditeur 1993)

lundi 6 février 2017

marcher

à travers les rameaux s’envole 
 
l’odeur de feuille 
 
                                      dans chaque miette de lumière 
 
là où se pose la couleur

vers les lointains de soi


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